Des débuts modestes à Bamako
En 1984, Cessé Komé quitte son village de Koiré avec seulement 2 500 FCFA en poche, direction la Côte d’Ivoire. Cette somme lui permet tout juste de financer son transport jusqu’à Bamako.
Arrivé dans la capitale malienne, il devient aide-maçon et gagne 500 FCFA par jour. Après un mois de travail, il parvient à économiser 15 000 FCFA, une somme qui lui permet finalement de poursuivre son voyage vers la Côte d’Ivoire.
À son arrivée à Abidjan, il ne dispose plus que de 5 000 FCFA. Il investit alors cette petite somme dans l’achat de matériel et devient cireur de chaussures, une activité qui lui rapporte entre 1 000 et 1 500 FCFA par jour.
Du cirage au commerce international
Après environ deux années dans le cirage de chaussures, Cessé Komé change progressivement d’activité. Il se lance d’abord dans la vente de livres d’occasion, puis dans le commerce général avant de se tourner vers l’importation de marchandises entre le Liberia et Abidjan.
Grâce à cette activité, son capital grandit progressivement.
Mais en 1993, son parcours connaît un coup dur. Un incendie ravage le marché d’Adjamé et détruit son magasin. Après le sinistre, il ne lui reste que 350 000 FCFA.
Plutôt que de fuir ses responsabilités, il utilise cette somme pour rembourser ses fournisseurs. Touché par son honnêteté, l’un d’entre eux décide alors de lui apporter son soutien en lui accordant une partie de son crédit.
Un soutien inattendu qui change son destin
À cette période, Cessé Komé envisage de quitter définitivement la Côte d’Ivoire pour partir aux États-Unis. Il se rend alors à Lomé, au Togo, pour solliciter l’aide de son fournisseur dans ce projet.
Mais celui-ci lui conseille simplement de retourner à Abidjan.
De retour dans la capitale ivoirienne et quelque peu désespéré, il reçoit trois jours plus tard un appel de sa banque : un transfert de 10 millions de FCFA vient d’arriver de Lomé.
Lorsqu’il contacte son fournisseur pour comprendre la situation, celui-ci lui promet de le rappeler.
Deux jours plus tard, une nouvelle surprise l’attend. L’aéroport le contacte pour l’informer de l’arrivée de plusieurs conteneurs à son nom, envoyés depuis Lomé par ce même fournisseur.
À cela s’ajoute une décision exceptionnelle : le directeur de la douane lui accorde une exonération totale de trois mois sur ses marchandises.
La crise devient une opportunité
Au même moment, la Côte d’Ivoire traverse une importante pénurie de marchandises. Cette situation permet à Cessé Komé de réaliser des profits considérables.
L’incendie qui avait failli mettre fin à son activité devient alors un nouveau départ. Son projet d’émigration aux États-Unis est rapidement oublié.
Il poursuit son développement et diversifie ses activités d’importation, notamment en se tournant vers la Thaïlande, où il fait la connaissance d’Ibrahima Diawara.
Son parcours connaît toutefois un nouvel obstacle lorsque l’ensemble de ses produits est saisi pour contrefaçon. Il engage un avocat, obtient gain de cause et reprend son ascension dans le commerce international.
Du commerce à l’hôtellerie
À l’approche de la CAN 2002, le président malien Alpha Oumar Konaré lance un appel à la diaspora malienne afin de l’encourager à investir au pays, avec des mesures incitatives.
C’est dans ce contexte que Cessé Komé décide de diversifier une nouvelle fois ses activités et de se lancer dans l’hôtellerie.
Il construit alors son tout premier hôtel au Mali en seulement dix mois.
Cette étape marque le début d’une nouvelle aventure entrepreneuriale qui le conduira progressivement à devenir l’un des hommes d’affaires maliens les plus connus dans le secteur hôtelier, notamment à travers les hôtels Radisson de Bamako et d’Abidjan.
Une trajectoire fondée sur la résilience
De l’aide-maçon au cireur de chaussures, du petit commerce au commerce international, puis de l’importation à l’hôtellerie, le parcours de Cessé Komé illustre une trajectoire construite étape par étape.
Son histoire rappelle surtout qu’un départ modeste ne détermine pas nécessairement la destination. Avec 2 500 FCFA en poche, il avait quitté son village. Des décennies plus tard, son parcours s’inscrit parmi les success stories entrepreneuriales maliennes.
Une histoire de persévérance, de confiance et de résilience, qui montre que les plus grandes réussites peuvent parfois commencer avec presque rien.
Source : Entrepreneuriat par excellence en Afrique



