Créer légalement une entreprise est une première étape. Comprendre ses obligations fiscales et choisir le régime adapté en est une autre. Pour un entrepreneur, le régime fiscal n’est pas une simple formalité administrative : il détermine une partie des obligations déclaratives, comptables et fiscales auxquelles l’entreprise devra faire face au quotidien.
Au Mali, on distingue, de manière pratique, deux grands régimes d’imposition : le régime synthétique et le régime réel d’imposition. Le choix dépend notamment du chiffre d’affaires et de l’activité exercée.
1. Le régime synthétique : une fiscalité simplifiée pour les petites entreprises
Le régime synthétique est un régime d’imposition simplifié destiné aux petites entreprises dont le chiffre d’affaires reste inférieur au seuil prévu par la réglementation.
Son principe est relativement simple : l’impôt est calculé sur le chiffre d’affaires, et non sur le bénéfice réalisé.
À titre d’exemple, pour une entreprise réalisant 20 millions de FCFA de chiffre d’affaires, avec un taux de 3 %, l’impôt s’élèverait à 600 000 FCFA.
Cette simplicité constitue l’un des principaux avantages du régime. Mais elle implique également une conséquence importante : l’entreprise doit payer l’impôt même lorsqu’elle n’a pas réalisé de bénéfice, puisque l’imposition est liée au chiffre d’affaires.
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L’entreprise placée sous ce régime doit notamment :
• tenir une comptabilité simplifiée, notamment en suivant ses encaissements et décaissements ;
• conserver ses factures et pièces justificatives ;
• déposer les états financiers simplifiés requis ;
• déclarer et payer l’impôt dans les délais prévus, notamment avant le 31 mars de l’année suivant l’exercice écoulé, selon les règles applicables.
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La simplicité du régime synthétique peut être intéressante pour une petite entreprise, mais elle peut également devenir contraignante lorsque l’activité se développe.
Selon les conditions applicables, l’entreprise sous régime synthétique ne facture notamment pas la TVA et peut rencontrer des restrictions ou difficultés pour accéder à certains marchés ou travailler avec des entreprises qui exigent des justificatifs fiscaux spécifiques.
Autre point à retenir : certaines professions libérales, notamment les experts-comptables, conseils fiscaux et consultants, sont exclues de ce régime, indépendamment de leur chiffre d’affaires, selon les règles fiscales applicables.
2. Le régime réel : davantage d’obligations, mais une fiscalité fondée sur l’activité réelle
Le deuxième choix est celui du régime réel d’imposition.
Ici, la fiscalité devient plus complexe. L’entreprise ne s’acquitte plus d’un seul impôt calculé simplement sur son chiffre d’affaires : elle doit gérer différentes obligations fiscales, dont la périodicité peut être mensuelle, trimestrielle ou annuelle selon la nature de l’impôt.
Parmi les obligations fiscales susceptibles de concerner l’entreprise figurent notamment les impôts et taxes liés aux salariés, les impôts sur les bénéfices, la TVA, les retenues à la source, ainsi que certaines taxes professionnelles.
L’entreprise peut notamment être concernée par l’ITS, la CFE, la TL, l’IS/IBIC, la TVA, l’IRVM sur les dividendes, ou encore certaines retenues sur les prestations, selon sa situation et son activité.
Autrement dit, le régime réel nécessite une véritable organisation fiscale et comptable. Chaque impôt possède ses propres règles, son taux, sa base de calcul et ses échéances.
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L’entreprise soumise au régime réel doit notamment assurer une comptabilité conforme aux exigences applicables, effectuer ses déclarations fiscales périodiques et déposer ses états financiers ainsi que les déclarations annuelles requises.
Elle doit également être en mesure de produire les informations relatives à ses salariés, prestataires et différentes opérations lorsque la réglementation l’exige.
Cette organisation représente une charge administrative plus importante pour le dirigeant. Elle nécessite généralement l’intervention d’un comptable ou d’un conseiller fiscal afin de limiter les erreurs et de respecter les différentes échéances.
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Le régime réel concerne notamment les entreprises dont le chiffre d’affaires atteint ou dépasse le seuil applicable, ainsi que les entreprises qui choisissent d’y être soumises lorsqu’une telle option est prévue.
Il faut donc éviter de considérer le régime fiscal uniquement comme une formalité effectuée lors de la création de l’entreprise. Le choix du régime doit être analysé en fonction du niveau d’activité, de la nature de l’entreprise et de ses perspectives de développement.
𝐋𝐞 𝐯𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐞𝐧𝐣𝐞𝐮 : 𝐚𝐧𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐮𝐭𝐨̂𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐮𝐛𝐢𝐫
Une entreprise peut être parfaitement constituée sur le plan juridique et pourtant rencontrer des difficultés dans la gestion de ses obligations fiscales.
Le régime fiscal choisi influence directement la manière dont l’entreprise devra organiser sa comptabilité, établir ses déclarations, gérer ses factures et planifier ses paiements.
Pour un entrepreneur, l’objectif ne devrait donc pas être simplement de savoir « combien vais-je payer ? », mais aussi de comprendre « quelles seront mes obligations et comment dois-je m’organiser pour les respecter ? »
Chaque régime possède ses propres caractéristiques et chaque impôt obéit à des règles particulières. L’accompagnement d’un comptable ou d’un conseiller fiscal peut ainsi être déterminant, particulièrement lors des premières années d’activité, afin de respecter les obligations déclaratives et de limiter les risques de pénalités ou de redressement fiscal.
Créer son entreprise est le début de l’aventure. La gérer correctement sur les plans comptable, fiscal et administratif est ce qui permet de la faire durer.
𝐀𝐫𝐭𝐢𝐜𝐥𝐞 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐈𝐛𝐫𝐚𝐡𝐢𝐦 𝐌𝐀𝐍𝐆𝐀𝐒𝐒𝐎𝐔𝐁𝐀
Consultant-formateur en comptabilité, fiscalité et formalisation d’entreprise




